Assemblée générale des membres  
       
   
Cornaux, 8 novembre 2011
 
   
 
   

Mardi 8 novembre, 20h00, le Comité C5 (Comité des Citoyens Contre la Centrale de Cornaux et pour une utilisation responsable de l'énergie) débutait sa 4ème assemblée générale publique depuis sa création, le 27 juin 2007. Au menu, une partie statutaire où, tour à tour, le président, Laurent Suter, le caissier et les vérificatrice et vérificateur "liquideront" les 6 premiers points de l'ordre du jour en une petite vingtaine de minutes, tout en réélisant, dans la foulée, le comité restreint.

La deuxième partie de la soirée est consacrée aux informations du Comité C5. C'est Mauro Nanini, responsable de la communication au comité C5, qui prend la parole. Tout d'abord, il répond à un article paru dans l'Express du 20 octobre, dans lequel le Groupe E prétend que les centrales à gaz à cycle combiné n'explosent pas. "Eu égard aux 5 morts et aux dizaines de blessés dans l'explosion survenue à la centrale de Middletown (Connecticut/USA) en février 2010, je ne me serais jamais permis de faire paraître une telle affirmation!", s'exclame M. Nanini et de conclure sur ce thème "Si le gaz n'explosait pas, ça se saurait!".

Il réaffirme ensuite les points essentiels, selon le Comité C5, afin de solutionner le "casse-tête" énergétique : premièrement, inciter fortement la population et les entreprises à économiser l'énergie; deuxièmement, investir massivement et immédiatement dans les sources d'énergies renouvelables, et si ces mesures ne devaient par suffire, établir une planification bien pensée pour l'implantation de centrales à cogénération ou hybrides. Le gaz ne fait en aucun cas partie de ce cheminement. Pour clore ce thème, le responsable de la communication esquisse un délai : "Etant donné le manque de clarté dans la politique énergétique de notre pays, nous aurons, peut-être, à parler d'une centrale à gaz à l'avenir. Sachant qu'une telle structure se construit en moins de trois ans, nous pouvons au minimum nous fixer un délai d'une quinzaine d'année avant d'en parler sérieusement. Il est urgent d'attendre!".

Mauro Nanini, dans son discours, prend l'Allemagne en exemple à suivre. Ce pays a pris des décisions politique fortes et aujourd'hui il trône mondialement en tête de l'éolien et du solaire. Les chiffres sont impressionnants, ces deux technologies permettent de réaliser un chiffre d'affaires de plus de 20 milliards d'euros par an, ainsi que le maintient de plus de 130'000 places de travail.

L'Allemagne légifère, innove et investit dans les énergies renouvelables. Et M. Nanini de marquer une comparaison "Alors que les groupes électriques suisses nous disent 'pas de vent, pas d'énergie éolienne' ou encore 'pas de soleil, pas d'énergie photovoltaïque', les Allemands, eux, ont saisi à bras-le-corps le problème du stockage de l'énergie et ont mis en route la première centrale hybride avec possibilité de stockage d'énergie, dans la ville de Prenzlau!".

Pour terminer, l'intervenant relève qu'"avec la mise en place d'une politique énergétique faite par des politiciens qui expriment une vraie volonté de changement, couplée avec les découvertes et innovations qui sortent des laboratoires de nos EPFs et nos universités, on peut à coup sûr s'éviter la construction de cette centrale!".

La troisième partie de l'assemblée générale est dédiée aux deux invités: M. Jean Frédéric de Montmollin, député au Grand Conseil neuchâtelois, pour une prise de température politique, et M. Christophe Ballif, professeur EPFL et expert en technologie photovoltaïque, pour un éclairage sur cette technologie.

Selon le député de Montmollin, l'accident nucléaire survenu à Fukushima a fortement brouillé les cartes dans la plupart des pays, la Suisse y compris. L'abandon du nucléaire et les craintes d'une pénurie d'électricité provoquent deux résultats: d'une part le renforcement de l'idée d'une période transitoire assurée par des centrales à gaz et, d'autre part, une plus grande mise en valeur des énergies renouvelables.

Au niveau de la politique cantonale, la centrale à gaz de Cornaux fait débat. Après le refus populaire de la révision de la loi sur l'énergie à fin 2009, le Grand Conseil se trouve à quelques encablures de proposer une nouvelle révision de cette loi. Les députés ont notamment accepté de remettre dans la loi l'article 32a qui dit "Toute construction de centrale thermoélectrique à énergie fossile doit faire l'objet d'une autorisation prise sous la forme d'un décret du Grand Conseil soumis au referendum populaire facultatif si 35 de ses membres en décident ainsi."

M. de Montmollin termine en soulignant "Même si cet article rend plus ardue la construction d'une centrale à gaz, il sera malgré tout difficile de convaincre la population neuchâteloise de s'y opposer!".

Après une courte pause qui a permis à la centaine de personnes présentes de découvrir l'entreprise Swiss-Green qui est active dans les énergies renouvelables et qui a parrainé l'assemblée générale, la parole passe au professeur Ballif.

L'auditoire est rapidement conquis par les mots du professeur, qui alterne explications, chiffres et humour avec une belle aisance.

Durant tout son exposé, les informations tombent. "En Suisse, il suffirait de couvrir seulement les toits bien exposés avec des panneaux photovoltaïques pour fournir 50% de l'électricité aux Suisses !", affirme-t-il avec chiffres à l'appui et en précisant que cela est réalisable aujourd'hui grâce aux énormes développements qui ont été faits ces dernières années dans cette technologie.

Il constate que depuis la 'prise en main' d'une partie de la production par la Chine, le prix du m2 des panneaux sont en constante diminution et que cet effet se fait logiquement sentir sur le prix du courant solaire qui devient de plus en plus concurrentiel.

Puis il démystifie les pénuries de courant, "Il n'y aura pas de pénuries, par contre, il est possible que le courant coûte quelques centimes de plus, car si nous n'en produisons pas assez pour nos besoins nous devrons en acheter à l'étranger, mais c'est déjà le cas aujourd'hui !"

Concernant la centrale à gaz, le professeur Ballif n'exclut pas qu'on doive en construire une ou deux en Suisse à terme, mais pas pour remplacer les centrales nucléaires et produire de l'électricité en ruban comme il semble ce soit le cas pour Cornaux II, mais plutôt comme appoint, par exemple à certaines périodes de l'hiver.

Il conclut son exposé en relevant toutes les lenteurs politiques et administratives auxquelles devront faire face les sources d'énergies renouvelables, et cite Einstein qui disait "Moi je voudrais mourir en Suisse car, dans ce pays, tout s'y fait toujours avec cinquante ans de retard !". Rires et applaudissements dans la salle.


 
     
    Le professeur Ballif lors de son exposé sur la technologie photovoltaïque.  
   
 
   

L'assemblée générale du comité C5 s'est déroulée en présence de 109 personnes.

 
       
    Plus forts ensemble!
Merci de votre soutien et de votre solidarité.